L'objectif de ce chapitre est d'introduire
aux principales techniques mathématiques de production
et de gestion, de maintenance et de qualité dont
l'utilisation est devenue indispensable aux ingénieurs,
gestionnaires et cadres des entreprises modernes. Par ailleurs,
c'est un excellent
chapitre
pour la culture générale du physicien ou du mathématicien...
et un acquis pour l'ingénieur!
Beaucoup de techniques ne seront cependant pas présentées ici car ayant déjà été démontrées dans d'autres chapitres du site. Effectivement, les techniques de gestion font un énorme usage des statistiques (dites "statistiques descriptives" dans le domaine), de la théorie de la décision, de la théorie des graphes ainsi que de l'économétrie (en particulier le VAN, le R.O.I, etc.) et des algorithmes d'optimisation et des chapitres entiers y étant déjà consacrés sur ce site il serait redondant d'y revenir.
1. Une prise en compte limitée des facteurs: Pour les questions stratégiques, la réponse pure et parfaite d'une solution mathématique semble rarement applicable de facto. Même si les techniques quantitatives intègrent beaucoup de facteurs, si certains aspects sont relativement faciles à modéliser au sens mathématique du terme (le coût, la rentabilité, la distance, la durée, la cadence, par exemple), d'autres éléments sont en revanche plus difficiles à modéliser : contraintes légales, volonté commerciale de faire barrage à un concurrent, importance des relations avec les élus, climat social, etc. Le poids de ces éléments dans la décision est pourtant important, parfois déterminant.
2. Un investissement important: L'outil mathématique lui-même exige un niveau élevé de connaissances mathématiques, une bonne aptitude à modéliser les problèmes et décrire les facteurs. Ces contraintes sont consommatrices de beaucoup de temps et d'une certaine somme d'argent (que ce soit par développement interne, qui consomme des ressources - ou par développement externe, qui consomme de l'argent). Il est alors nécessaire de trouver un équilibre entre l'investissement nécessaire et les retombées prévues.
3. Pour des événements peu fréquents: L'entreprise ne bénéficie pas de l'effet d'expérience et donc d'une fois sur l'autre, le problème concerne un service différent, ou les responsables ont changé entre deux études. Il est donc difficile d'entretenir les compétences à l'intérieur de l'entreprise. Le décideur devra prendre ces différents aspects en compte lorsqu'il décidera ou non de mettre en œuvre des techniques quantitatives dans son entreprise.
Nous pouvons aussi argumenter que ce qui fait que les techniques scientifiques de gestion (TQG) ne soient guère répandues est que:
1. Dans un environnement peux exigeant le surcroît de puissance qu'offrent les TQG ne justifie pas forcément les efforts nécessaires à leur apprentissage.
2. Les TQG sont exigeantes en raisonnement et rigoureuses, elles ne peuvent donc convenir aux personnes qui ne connaissent ni l'un ni l'autre...
Rappelons alors qu'une variable aléatoire est dite par définition suivre une loi de Pareto si sa fonction de répartition est donnée par (cf. chapitre de Statistiques) :
(1)
avec
et
(donc
)
et pour l'espérance (moyenne) :
(2)
et l'écart-type:
(3)
Pour illustrer ce type de
représentation, nous supposerons qu'une étude de
réorganisation
du réseau commercial de l'entreprise LAMBDA conduise le
directeur commercial à s'intéresser à la
répartition
des 55'074 bons de commande (valeur en bas à droite du tableau)
reçus
pendant une année donnée selon la ville où sont
domiciliés
les clients (nous avons retenu ici les 200 premières villes
du pays imaginaire d'où les 200 lignes réparties
en 5 colonnes).
Pour calculer les paramètres de la loi de Pareto, le lecteur devra se raporter au chapite de Génie Industriel car nous n'allons ici avoir qu'une approche qualitative comme le font les gestionnaires, l'analyse quantitative étant réservée majoritairement aux ingénieurs.
Ces données sont reproduites dans le tableau ci-dessous :
La première ville se caractérise par 8'965 bons de commande (ce qui correspond à 16.28% du total des bons), la seconde par 4'556, ce qui fait que les deux premières villes ont passé 13'520 bons de commande (ce qui correspond à 24.55% des bons), les trois premières villes, ont passé 16'589 bons de commande (ce qui correspond à 30.12%), etc. Une autre façon de décrire ce phénomène consiste à dire : 0.5% des villes (classées par valeur décroissant du critère) ont passé 16.28% des bons, 1% des villes ont passé 24.55% des bons, etc.
Ces calculs, sont partiellement présentés dans le tableau ci-dessous :

(4)

(5)
Cette analyse met en évidence qu'un nombre faible d'éléments
est l'origine de la majeure partie du phénomène étudié (par
exemple, ici 31% des villes génèrent 80% des bons
de commande). Ceci explique qu'elle soit l'une des grandes techniques
utilisées dans le domaine de la "gestion
de la qualité totale" (Total Quality Management)
ETdans l'analyse de l'importance des causes d'un problème
de qualité. Elle est également utilisée par
les gestionnaires pour structurer l'organisation, en particulier
pour différencier les processus en fonction de caractéristique
de la demande (suivi différencié de la clientèle
selon son importance, par exemple) et lorsqu'elle est utilisée
pour définir 3 classes, cette technique prend souvent le
nom de "Méthode ABC" (cf.
chapitre de Génie Industriel).
La ligne en pointillés de ce graphique correspond elle à ce que nous aurions observé en cas d'équi-répartition du phénomène étudié, c'est-à-dire si chaque ville s'était caractérisée par le même nombre de bons de commande.
De façon générale, plus une courbe de Pareto (ou de Lorenz) se rapproche de la droite d'égalité parfaite et plus la répartition de la masse considérée au sein de la population est égalitaire. En effet, dans ce cas, la masse (des salaires, de la richesse, du revenu, etc.) est peu concentrée sur quelques uns.
Ce coefficient est défini par le rapport:
(6)
où les surfaces A et B se rapportent à la figure
ci-après.

(7)
Le coefficient de Gini est donc un nombre réel compris entre
zéro et 1. En cas d'égalité parfaite, il est égal à zéro (car A=0).
En cas d'inégalité totale il est égal à 1, car B=0. Par
conséquent, à mesure que G augmente de 0 à 1, l'inégalité de
la répartition augmente.
Sachant que la courbe de Lorenz est
on
voit que la surface A+B est égale à la moitié de
cette surface. Nous avons donc :
(8)
Nous pouvons de ce fait écrire:
(9)
De plus comme:
(10)
Finalement, nous pouvons écrire que :
(11)
En utilisant la méthode de calcul d'intégrale des trapèzes (cf.
chapitre de Méthodes Numériques) nous avons l'aire B qui
est donnée par:
(12)
où pour rappel h est la longueur des intervalles supposés
tous égaux (ce qui est toujours le cas dans le contexte des analyses
de Lorenz) et si la configuration du tableau de données est tel
que nous ayons le graphique suivant (ce qui est plutôt rare...):

(13)
Traditionnellement nous trouvons cette dernière relation sous
la forme:
(14)
où n représente le nombre d'unités statistiques (la population).
Dans le cas qui nous sert d'exemple depuis le début cela donne:
(15)
Dans la situation où le graphique est sous la forme (cas qui
est nettement le plus fréquent en entreprise!!):

(16)
La méthode des trapèzes nous amène alors à écrire:
(17)
Traditionnellement nous trouvons cette dernière relation sous
la forme:
(18)
Dans le cas qui nous sert d'exemple depuis le début cela donne:
(19)
Cette loi, appelée "loi bêta" ou encore "loi de Pert" est souvent présentée sous la forme suivante dans les ouvrages et sans démonstration (...) :
(20)
et donne la durée probable (espérée)
d'une tâche élémentaire (non décomposable
en sous-tâches)
où nous
avons
qui sont respectivement les durées optimiste, vraisemblable
et pessimiste de la tâche
.
Nous allons démontrer plus bas la provenance de cette relation!
La durée de chaque tâche du projet est considérée comme aléatoire et la distribution Bêta est systématiquement utilisée; les paramètres de cette loi que nous allons démontrer sont déterminés moyennant une hypothèse de calcul assez forte, à partir des valeurs extrêmes a et b que la durée d'exécution peut prendre, et du mode
.
Il suffit donc de poser les trois questions suivantes :
1. Quelle est la durée minimale ?
2. Quelle est la durée maximale ?
3. Quelle est la durée espérée ?
pour obtenir respectivement les paramètres
,
qui permettent ensuite de calculer la moyenne (espérance)
et la variance de
cette durée aléatoire.
Ensuite, nous déterminons
le chemin critique du projet (par la méthode des potentiels
métra supposée connue par le lecteur), en se plaçant
en univers certain et en utilisant les durées moyennes
(espérées) obtenues avec la loi Bêta, ce
qui permet de trouver le(s) chemin(s) critique(s).
Ensuite, nous nous plaçons en univers aléatoire et la durée du projet est considérée comme la somme des durées des tâches du chemin critique précédemment identifié. Nous utilisons alors le théorème de la limite centrale vu dans le chapitre de Statistiques (rappelons que ce théorème établit, sous des conditions généralement respectées, que la variable aléatoire constituée par une somme de n variables aléatoires indépendantes suit approximativement une loi Normale, quelles que soient les lois d'origine, dès que n est assez grand) pour approximer la loi de distribution de probabilités de la durée d'exécution du projet.
L'espérance mathématique (ainsi que la variance) de cette loi Normale se calcule comme la somme des espérances mathématiques (ou des variances) de chaque durée des tâches du chemin critique (cf. chapitre de Statistiques) tel que :
(21)
et dans le cas particulier
où les variables sont linéairement indépendantes,
la covariance étant nulle (cf. chapitre
de Statistiques)
nous avons aussi :
(22)
Rappelons que nous avons
vu dans le chapitre de Statistiques et Calcul Différentiel
Et Intégral que :
et
.
(23)
En gestion nous remarquons que souvent, les durées des tâches
suivent une loi que nous appelons "loi
bêta
de première
espèce" (cf. chapitre de Statistiques)
donnée par:
(24)
Pour un intervalle [a,b] quelconque dans lequel x
est compris nous obtenons la forme plus générale:
(25)
Vérifions que nous
ayons bien :
(26)
Par le changement de variable
:
et
(27)
nous obtenons :
(28)
Déterminons maintenant
l'espérance :
(29)
Toujours avec le même
changement de variable nous obtenons :
(30)
Or :
(31)
Donc :
(32)
Calculons maintenant la variance
en utilisant la formule d'Huyghens démontrée dans
le chapitre de Statistiques:
(33)
Calculons d'abord
.
(34)
Toujours par le même
changement de variable nous obtenons,
(35)
Or :
(36)
Donc :
(37)
Pour finir :
(38)
Calculons maintenant pour
le "module"
de cette loi de distribution.
est par définition le maximum global de la fonction :
(39)
Il suffit pour le calculer
de résoudre l'équation :
(40)
Après dérivation
nous obtenons :
(41)
en divisant par
nous avons :
(42)
c'est-à-dire :
(43)
Maintenant, le lecteur aura
remarqué que la valeur a est la valeur la plus petite
et la b la plus grande. Entre deux il y a donc le mode
.
En gestion de projets, cela correspond respectivement aux durées optimiste
,
pessimiste
d'une
tâche.
Ensuite, nous imposons une hypothèse assez forte :
ou
(44)
Ce qui implique que nous
ayons :
(45)
ainsi que :
(46)
Et finalement :
(47)
(48)
(49)
cette dernière formulation étant celle disponible dans les logiciels
ou tableurs comme MS Excel par exemple en utilisant la fonction
LOI.BETA( ) et pour sa réciproque par LOI.BETA.INVERSE( ).
Nous obtenons alors pour l'espérance:
(50)
et pour la variance:
(51)
et le mode:
(52)
Avec:
(53)
Sinon pour le reste, les résultats (expressions) restent exactement
les mêmes!
Exemple:
Tracé de la fonction de distribution et répartition pour la fonction de beta de paramètres
:


(54)
Nous définissons aussi
le "risque d'action" par le rapport (dont l'interprétation
est laissée aux responsable de projet et au client...) :

Beaucoup de techniques ne seront cependant pas présentées ici car ayant déjà été démontrées dans d'autres chapitres du site. Effectivement, les techniques de gestion font un énorme usage des statistiques (dites "statistiques descriptives" dans le domaine), de la théorie de la décision, de la théorie des graphes ainsi que de l'économétrie (en particulier le VAN, le R.O.I, etc.) et des algorithmes d'optimisation et des chapitres entiers y étant déjà consacrés sur ce site il serait redondant d'y revenir.
Remarque: Nous
parlons souvent de 3M (Méthodes Mathématiques de Management)
pour décrire
l'ensemble des outils mathématiques appliqués à la
gestion (il existe d'ailleurs un cursus de formation d'une vingtaine
de journées). Une terme anglophone courant
et qui devient à la
mode en Europe pour décrire ce domaine d'application est
aussi le "decisioneering" faisant
référence au fait que ce sont des outils d'aide à la
décision pour les ingénieurs.
Indiquons avant de commencer que malgré son importance
intrinsèque les techniques quantitatives de gestion (incluant
aussi la recherche opérationnelle et la modélisation
par Monte-Carlo vues dans le chapitre d'Informatique Théorique
ainsi que Six Sigma vu dans le chapitre de Génie Industriel
et la Théorie de la Décision) sont encore peu utilisées
dans le monde industriel, soit à cause
du manque d'(in)formation des décideurs (excepté dans
le domaine de la finance), soit par le manque de pertinence de
l'outil
ou sa difficulté de
mise en œuvre.
Les principales craintes émises par les décideurs
quant à l'application
de modèles mathématiques dans l'entreprise sont :1. Une prise en compte limitée des facteurs: Pour les questions stratégiques, la réponse pure et parfaite d'une solution mathématique semble rarement applicable de facto. Même si les techniques quantitatives intègrent beaucoup de facteurs, si certains aspects sont relativement faciles à modéliser au sens mathématique du terme (le coût, la rentabilité, la distance, la durée, la cadence, par exemple), d'autres éléments sont en revanche plus difficiles à modéliser : contraintes légales, volonté commerciale de faire barrage à un concurrent, importance des relations avec les élus, climat social, etc. Le poids de ces éléments dans la décision est pourtant important, parfois déterminant.
2. Un investissement important: L'outil mathématique lui-même exige un niveau élevé de connaissances mathématiques, une bonne aptitude à modéliser les problèmes et décrire les facteurs. Ces contraintes sont consommatrices de beaucoup de temps et d'une certaine somme d'argent (que ce soit par développement interne, qui consomme des ressources - ou par développement externe, qui consomme de l'argent). Il est alors nécessaire de trouver un équilibre entre l'investissement nécessaire et les retombées prévues.
3. Pour des événements peu fréquents: L'entreprise ne bénéficie pas de l'effet d'expérience et donc d'une fois sur l'autre, le problème concerne un service différent, ou les responsables ont changé entre deux études. Il est donc difficile d'entretenir les compétences à l'intérieur de l'entreprise. Le décideur devra prendre ces différents aspects en compte lorsqu'il décidera ou non de mettre en œuvre des techniques quantitatives dans son entreprise.
Nous pouvons aussi argumenter que ce qui fait que les techniques scientifiques de gestion (TQG) ne soient guère répandues est que:
1. Dans un environnement peux exigeant le surcroît de puissance qu'offrent les TQG ne justifie pas forcément les efforts nécessaires à leur apprentissage.
2. Les TQG sont exigeantes en raisonnement et rigoureuses, elles ne peuvent donc convenir aux personnes qui ne connaissent ni l'un ni l'autre...
Diagramme de Pareto
Le diagramme de Pareto, comme nous allons le voir, est un moyen (entre autres) simple pour classer les phénomènes par ordre d'importance. Mais la distribution de Pareto est aussi souvent utilisée en entreprise comme base de simulation stochastique pour des variables aléatoires représentant des investissement chiffrés de projets (à peu près aussi souvent utilisée que la distribution triangulaire, la distribution Bêta ou log-Normale dans l'industrie moderne).Rappelons alors qu'une variable aléatoire est dite par définition suivre une loi de Pareto si sa fonction de répartition est donnée par (cf. chapitre de Statistiques) :
Pour calculer les paramètres de la loi de Pareto, le lecteur devra se raporter au chapite de Génie Industriel car nous n'allons ici avoir qu'une approche qualitative comme le font les gestionnaires, l'analyse quantitative étant réservée majoritairement aux ingénieurs.
Ces données sont reproduites dans le tableau ci-dessous :
ni
|
Ni
|
ni
|
Ni
|
ni
|
Ni
|
ni
|
Ni
|
ni
|
Ni
|
| 8965 | 8965 | 240 | 40027 | 125 | 46378 | 88 | 50916 | 55 | 53752 |
| 4556 | 13520 | 236 | 40263 | 123 | 46862 | 87 | 51003 | 54 | 53806 |
| 3069 | 16589 | 224 | 40487 | 123 | 46985 | 87 | 51090 | 54 | 53860 |
| 2336 | 18925 | 223 | 40710 | 123 | 47108 | 86 | 51176 | 54 | 53914 |
| 1872 | 20796 | 220 | 40930 | 122 | 47229 | 85 | 51261 | 54 | 53968 |
| 1595 | 22391 | 215 | 41145 | 121 | 47350 | 85 | 51346 | 51 | 54018 |
| 1326 | 23718 | 213 | 41357 | 118 | 47468 | 84 | 51430 | 50 | 54068 |
| 1184 | 24902 | 212 | 41570 | 118 | 47586 | 84 | 51514 | 49 | 54116 |
| 1085 | 25987 | 202 | 41772 | 118 | 47705 | 82 | 51597 | 48 | 54164 |
| 934 | 26921 | 201 | 41972 | 117 | 47821 | 81 | 51678 | 47 | 54211 |
| 843 | 27764 | 200 | 42172 | 115 | 47936 | 79 | 51757 | 44 | 54255 |
| 747 | 28510 | 191 | 42363 | 114 | 48050 | 79 | 51835 | 43 | 54298 |
| 722 | 29232 | 190 | 42553 | 112 | 48162 | 78 | 51913 | 43 | 54340 |
| 710 | 29943 | 188 | 42741 | 112 | 48274 | 78 | 51990 | 42 | 54382 |
| 647 | 30589 | 185 | 42926 | 108 | 48383 | 77 | 52067 | 41 | 54423 |
| 631 | 31221 | 179 | 43105 | 108 | 48490 | 76 | 52144 | 40 | 54463 |
| 607 | 31828 | 173 | 43278 | 107 | 48597 | 74 | 52218 | 40 | 54503 |
| 539 | 32367 | 170 | 43448 | 106 | 48703 | 72 | 52290 | 38 | 54542 |
| 502 | 32868 | 161 | 43609 | 105 | 48808 | 72 | 52362 | 38 | 54580 |
| 462 | 33330 | 160 | 43769 | 102 | 48910 | 72 | 52434 | 37 | 54617 |
| 459 | 33790 | 158 | 43927 | 102 | 49012 | 71 | 52505 | 37 | 54654 |
| 422 | 34212 | 153 | 44080 | 102 | 49114 | 71 | 52576 | 36 | 54690 |
| 372 | 34584 | 153 | 44233 | 101 | 49215 | 70 | 52647 | 36 | 54726 |
| 362 | 34945 | 149 | 44382 | 100 | 49315 | 70 | 52716 | 35 | 54760 |
| 355 | 35300 | 149 | 44531 | 100 | 49415 | 67 | 52784 | 33 | 54793 |
| 347 | 35647 | 148 | 44679 | 99 | 49514 | 66 | 52851 | 32 | 54825 |
| 342 | 35989 | 147 | 44826 | 98 | 49612 | 66 | 52918 | 31 | 54856 |
| 338 | 36327 | 147 | 44972 | 98 | 49710 | 65 | 52983 | 28 | 54884 |
| 329 | 36656 | 147 | 45119 | 97 | 49807 | 64 | 53047 | 25 | 54909 |
| 314 | 36970 | 146 | 45265 | 96 | 49904 | 64 | 53110 | 21 | 54931 |
| 314 | 37283 | 146 | 45411 | 96 | 50000 | 64 | 53174 | 21 | 54951 |
| 310 | 37593 | 142 | 45553 | 96 | 50095 | 62 | 53236 | 20 | 54972 |
| 310 | 37903 | 140 | 45693 | 96 | 50190 | 60 | 53296 | 19 | 54991 |
| 301 | 38203 | 137 | 45829 | 93 | 50284 | 60 | 53356 | 19 | 55010 |
| 284 | 38755 | 137 | 45966 | 92 | 50376 | 58 | 53414 | 15 | 55025 |
| 268 | 38755 | 135 | 46101 | 92 | 50468 | 57 | 53471 | 13 | 55038 |
| 267 | 39022 | 131 | 46232 | 92 | 50559 | 57 | 53539 | 11 | 55049 |
| 265 | 39287 | 128 | 46360 | 91 | 50650 | 56 | 53585 | 11 | 55060 |
| 251 | 39538 | 127 | 46487 | 90 | 50740 | 56 | 53641 | 8 | 55068 |
| 249 | 39787 | 126 | 46613 | 88 | 50828 | 56 | 53697 | 6 | 55074 |
Tableau: 1
- Dataset pour analyse de Pareto
où les 200 valeurs
ni (nombre de bons de commande en
provenance d'une ville i) ont
été classées par valeurs décroissantes
et cumulées dans une colonne Ni.La première ville se caractérise par 8'965 bons de commande (ce qui correspond à 16.28% du total des bons), la seconde par 4'556, ce qui fait que les deux premières villes ont passé 13'520 bons de commande (ce qui correspond à 24.55% des bons), les trois premières villes, ont passé 16'589 bons de commande (ce qui correspond à 30.12%), etc. Une autre façon de décrire ce phénomène consiste à dire : 0.5% des villes (classées par valeur décroissant du critère) ont passé 16.28% des bons, 1% des villes ont passé 24.55% des bons, etc.
Ces calculs, sont partiellement présentés dans le tableau ci-dessous :
i%
|
Ni%
|
i%
|
Ni%
|
i%
|
Ni%
|
i%
|
Ni%
|
i%
|
Ni%
|
| 0.5 | 16.28 | 20.5 | 72.68 | 40.5 | 84.86 | 60.6 | 92.45 | 80.5 | 97.6 |
| 1 | 24.55 | 21 | 73.11 | 41 | 85.09 | 61 | 92.61 | 81 | 97.7 |
| 1.5 | 30.12 | 21.5 | 73.51 | 41.5 | 85.32 | 61.5 | 92.77 | 81.5 | 97.8 |
| 2 | 34.36 | 22 | 73.92 | 42 | 85.54 | 62 | 92.92 | 82 | 97.89 |
| ... | ... | ... | ... | ... | ... | ... | ... | ... | ... |
| 19 | 71.33 | 39 | 84.18 | 59 | 91.97 | 79 | 97.3 | 99 | 99.7 |
| 19.5 | 71.79 | 39.5 | 84.41 | 59.5 | 92.13 | 79.5 | 97.4 | 99.5 | 99. 99 |
| 20 | 72.24 | 40 | 84.64 | 60 | 92.29 | 80 | 97.5 | 100 | 100 |
Tableau: 2
- Données cumulées et normalisées pour analyse de Pareto
traduits graphiquement (selon les traditions d'usage) ci-dessous
sous la forme d'un diagramme de Pareto:(4)
ou de manière plus pertinente sous la forme
d'un diagramme de Lorenz (l'abscisse des numéros des villes
est remplacé
par le %cumulé de villes comme dans le tableau de données
ci-dessus):
(5)
La ligne en pointillés de ce graphique correspond elle à ce que nous aurions observé en cas d'équi-répartition du phénomène étudié, c'est-à-dire si chaque ville s'était caractérisée par le même nombre de bons de commande.
De façon générale, plus une courbe de Pareto (ou de Lorenz) se rapproche de la droite d'égalité parfaite et plus la répartition de la masse considérée au sein de la population est égalitaire. En effet, dans ce cas, la masse (des salaires, de la richesse, du revenu, etc.) est peu concentrée sur quelques uns.
Remarque: La présentation de cette analyse a été
faite en classant les observations par valeurs décroissantes
mais nous aurions pu tout aussi bien partir d'un classement par
valeurs croissantes et, dans ce dernier cas, la courbe obtenue
aurait
été symétrique, le centre de symétrie étant
le point de coordonnées (0.5,0.5).
Dans un environnement industriel,
les points d'amélioration potentiels sont quasi innombrables.
On pourrait même améliorer indéfiniment, tout
et n'importe quoi. Il ne faut cependant pas perdre de vue que l'amélioration
coûte aussi et qu'en contrepartie elle devrait apporter de
la valeur ajoutée, ou au moins supprimer des pertes.INDICE DE GINI
Le phénomène étudié est d'autant moins équitablement réparti que la courbe s'éloigne de la droite d'équi-répartition. Les économistes, gestionnaires ou responsables de départements d'entreprise utilisent parfois (pour leur tableau de bord de performance) un indicateur synthétique pour mesurer ce phénomène et son évolution, "l'indice de Gini" (appelé aussi "coefficient de Gini").Ce coefficient est défini par le rapport:
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Sachant que la courbe de Lorenz est
(13)
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PERT PROBABILISTE
En restant toujours dans le cadre des statistiques et probabilités relativement aux techniques mathématiques de gestion, il existe une loi empirique en gestion de projet (domaine que nous supposerons connu par la lecteur car trivial) très utilisée dans le cadre des "PERT probabilistes" (Program Evaluation and Review Technic) et incluse dans nombres de logiciels spécialisés afin de faire des prédictions de coûts et de temps (cf. chapitre de Théorie Des Graphes).Cette loi, appelée "loi bêta" ou encore "loi de Pert" est souvent présentée sous la forme suivante dans les ouvrages et sans démonstration (...) :
Remarque: Cette approche classique date de 1962 et est due à
C.E. Clark.
Ses principes sont
les suivants :La durée de chaque tâche du projet est considérée comme aléatoire et la distribution Bêta est systématiquement utilisée; les paramètres de cette loi que nous allons démontrer sont déterminés moyennant une hypothèse de calcul assez forte, à partir des valeurs extrêmes a et b que la durée d'exécution peut prendre, et du mode
Il suffit donc de poser les trois questions suivantes :
1. Quelle est la durée minimale ?
2. Quelle est la durée maximale ?
3. Quelle est la durée espérée ?
pour obtenir respectivement les paramètres
Ensuite, nous nous plaçons en univers aléatoire et la durée du projet est considérée comme la somme des durées des tâches du chemin critique précédemment identifié. Nous utilisons alors le théorème de la limite centrale vu dans le chapitre de Statistiques (rappelons que ce théorème établit, sous des conditions généralement respectées, que la variable aléatoire constituée par une somme de n variables aléatoires indépendantes suit approximativement une loi Normale, quelles que soient les lois d'origine, dès que n est assez grand) pour approximer la loi de distribution de probabilités de la durée d'exécution du projet.
L'espérance mathématique (ainsi que la variance) de cette loi Normale se calcule comme la somme des espérances mathématiques (ou des variances) de chaque durée des tâches du chemin critique (cf. chapitre de Statistiques) tel que :
En gestion de projets, cela correspond respectivement aux durées optimiste
Ensuite, nous imposons une hypothèse assez forte :
Ce qui nous donnes sous forme synthétique:
Remarque: Les deux dernières expressions de la
variance et de l'espérance sont celles que vous pouvez trouver
dans n'importe quel livre de gestion de projets
(sans démonstration
bien sûr...) comme par exemple le fameux PMBOK. Malheureusement
il y a une erreur dans cet ouvrage de référence
de gestion de projets à ma connaissance. Effectivement
la valeur modale y est imposée par le chef de projet
alors qu'en toute rigueur elle doit être calculée
avec la première des trois relations ci-dessus à partir
de la durée pessimiste et de la durée optimiste de la tâche!!!
Indiquons que exactement les mêmes développements effectués jusqu'ici
peuvent sont valables avec la formulation suivante de la loi bêta:Nous obtenons alors pour l'espérance:
Tracé de la fonction de distribution et répartition pour la fonction de beta de paramètres
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